Revue ARDECOM
N°1 - Février 80 - page 6 à 9
La reproduction chez l'homme
Les hormones
LA REPRODUCTION CHEZ L'HOMME
La contraception masculine ne date pas d'hier et les différentes pratiques, retrait, non
pénétration et surtout capotes, ne sont pas à négliger. Bon, mais on peut vouloir une
contraception qui ne perturbe pas ou ne limite pas les désirs-plaisirs du rapport
amoureux et qui délivre de l'angoisse des conséquences possibles, que l'homme ne
supportera finalement jamais dans son corps.
Or, actuellement, la seule " autre " contraception masculine
expérimentée, à part la vasectomie, utilise la voie hormonale. Nous essaierons donc
d'expliquer ici les processus hormonaux et auparavant de faire un peu connaissance avec
notre physiologie intime d'homme. En effet, nous nous sommes rendu compte, en en parlant
entre nous, autour de nous, que la connaissance de l'intérieur de leur corps par les
hommes semble à peu près inversement proportionnelle à l'admiration qu'ils vouent à ce
qui leur pendouille à l'extérieur.
C'est la fabrication, la maturation et le transport dans les voies génitales mâles des
cellules sexuelles ou spermatozoïdes. Ces spermatozoïdes sont formés dans les
testicules qui ont aussi une deuxième fonction, la fabrication des hormones mâles.
Les deux testicules sont logés dans deux sacs appelés scrotum ou bourses. C'est dans ces
organes et plus précisément le long des canaux spermifères que se forment les cellules
mères des spermatozoïdes (ou spermatogonies). Mais c'est seulement à la puberté que
certaines de ces spermatogonies commencent à se diviser pour former les spermatozoïdes,
qui possèdent la moitié des gènes de l'individu. Ce processus s'appelle la
sperrnatogénèse et dure environ 72 jours. La spermatogénèse est un phénomène continu
qui dure toute la vie de l'homme.
Les spermatozoïdes se déversent dans des canaux qui tous se réunissent en un seul tube
appelé épididyme qui vient se pelotonner sur le testicule, et qu'il est d'ailleurs
facile de repérer par palpation. Les spermatozoïdes sont stockés dans la partie
terminale ou queue de l'épididyme. Au moment de l'éjaculation les spermatozoïdes
remontent les canaux déférents puis l'urètre au-dessous de la vessie ; l'urètre
et les canaux déférents confluent en un seul canal à la fois urinaire et
génital ; mais il ne peut y avoir mélange car un anneau musculaire autour de
l'urètre bloque l'écoulement de l'urine en dehors de la miction. L'urètre dans sa
partie terminale est entourée de tissus érectiles et l'ensemble constitue la verge ou le
pénis.
Les spermatozoïdes se mélangent aux sécrétions des vésicules séminales et de la
prostate au moment de l'éjaculation pour donner le sperme. Ces sécrétions représentent
plus de 90 % du volume du sperme. La durée de vie du spermatozoïde est d'environ 24
heures dans le liquide séminal, mais pourrait être de 6 jours à l'intérieur de
l'utérus.
Les hormones sexuelles mâles ou androgènes (dont la testostérone) sont en grande partie
fabriquées dans les cellules des testicules qui sont entre les canaux séminifères
(cellules de Leydig). Elle sont déversées dans le sang et ont de nombreux rôles
(modification physique pubertaire, contrôle du pouvoir fécondant des spermatozoïdes,
contrôle des sécrétions des vésicules séminales et de la prostate). Ces androgènes
sont produits de façon continue (dès bien avant la naissance).Ces deux fonctions du
testicule, hormonale et spermatogénétique, sont contrôlées par deux glandes (à la
fois glandes et tissu nerveux) situées à la base du cerveau : l'hypothalamus, en
relation avec la vie extérieure et le psychisme qui commande à l'hypophyse la
sécrétion de deux hormones, FSH et LH comme chez la femme. FSH agit sur la
spermatogénèse par l'intermédiaire des cellules de Sertoli (cellules nutritives et de
soutien) qui entourent les spermatogonies. La LH a une action plus spécifique sur les
cellules androgéniques (cellules de Leydig). L'hypothalamus est le centre de la vie
végétative, échappant à la conscience directe mais par où passent et sont modulées
toutes les informations sensorielles avant d'arriver à la conscience (cortex).
Hypothalamus et hypophyse modifient leur sécrétion selon les informations qu'ils
reçoivent. Notamment, si l'ordre envoyé par l'hypothalamus de sécréter plus de
testostérone (par l'intermédiaire de LH) est exécuté, le taux sanguin de testostérone
monte. L'hypothalamus et l'hypophyse sont donc informés de ce que leur ordre a été
exécuté. Ils arrêteront donc leur stimulation : on parle de rétro-contrôle.
LES HORMONES
Une hormone peut être considérée comme le vecteur d'informations qui régulent les
phénomènes biologiques propres à certains organes. La diversité des hormones et de
leurs effets font de la régulation hormonale un aspect essentiel de l'équilibre
physiologique.
Elles sont libérées dans la circulation sanguine par les différentes glandes endocrines
qui les produisent mais souvent ne sont rendues actives qu'au contact de l'organe cible.
Elles ont besoin d'être reconnues pour être actives. Il existe donc des
" récepteurs " spécifiques au niveau des organes cibles à qui est
destinée chaque hormone. Leur rôle régulateur implique que leur production ne soit pas
constante et doive s'adapter au besoin de l'organisme. La régulation de la production des
hormones est donc nécessaire d'autant que leur efficacité est extrême à des doses
infimes. Cette régulation de la production hormonale se fait par des mécanismes
d'activation ou d'inhibition dont la clef de voûte se trouve à la base du cerveau et est
constituée par deux petites glandes : l'hypothalamus et l'hypophyse. En effet au
centre d'un complexe où les systèmes nerveux et hormonal sont reliés, l'hypothalamus
peut intégrer les informations qui proviennent en retour des glandes endocrines
périphériques ainsi que celles provenant du monde extérieur et du psychisme par
l'intermédiaire du cortex cervical. Suivant les informations reçues, les
neurosécrétions de l'hypothalamus sont alors activées ou inhibées et régulent à leur
tour en partie la production par l'hypophyse d'une demi-douzaine d'hormones.
Parmi ces hormones, celles qui nous intéressent sont celles qui vont activer les
fonctions génitales. Elles ont été mises en évidence il y a un demi-siècle et
définies par leur action chez la femme. Ce sont la FSH ou Follicule Stimulating Hormone
(car régulant la maturation folliculaire et la sécrétion d'oestrogènes) et la LH
(Luteinising Hormone) qui intervient chez la femme dans l'ovulation et la sécrétion par
le corps jaune de progestérone. Mais ces deux hormones hypophysaires encore appelées
Gonadotrophines ou Gonadostimulines sont aussi sécrétées chez l'homme.
Comme nous l'avons vu la FSH a pour cible principale les cellules de Sertoli qui se
trouvent sur la paroi interne des canaux séminifères autour des cellules de la lignée
germinale. La LH a pour cible les cellules interstitielles ou cellules de Leydig qui sont
à l'extérieur des canaux séminifères et produisent des oestrogènes mais surtout des
androgènes (Testostérone) dont une partie peut diffuser à travers la paroi des tubes
séminifères et être amenée au contact des cellules spermatogénétiques grâce à une
protéine fabriquée par les cellules de Sertoli sous l'influence de FSH. Cet apport
d'androgènes active alors la spermatogénèse.
Il est à noter que ceci est schématique et ne permet que d'entrevoir les multiples
interrelations hormonales qui aboutissent à la production des spermatozoïdes et
d'hormones mâles. D'autre part, sachant que le mode d'action de la pilule pour femme est
justement de bloquer la sécrétion de FSH et de LH par l'antéhypophyse, on peut déjà
supposer l'utilisation possible d'un moyen contraceptif semblable chez l'homme. Dans les
deux cas, le but est de tromper le système de commande, en lui faisant croire par un
apport d'hormones dans le sang que le taux est suffisant donc qu'il n'est plus la peine
d'en commander la fabrication.