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EuroPRO-Fem / Réseau Européen
d'Hommes Proféministes Bulletin EuroPRO-Fem |
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Bulletin n°2/3 juin 1998 ÉDITO ------------------------------------------------------ Cest parti. Le réseau européen dhommes proféministes a commencé à tisser sa toile, à rassembler par dessus les frontières des hommes (et des femmes) (1) de nombreux pays. Et les messages chaleureux de soutien arrivent si vite que nous avons du mal à répondre à tout le monde. Dores et déjà le réseau regroupe: des hommes de différentes générations: ceux des premiers groupes dhommes des années 75-80 (dont on trouvera quelques extraits de textes dans ce bulletin) et nos jeunes collègues qui arrivent la rage et la haine au ventre devant le sexisme et lhomophobie quils découvrent. des hommes issus de mouvements sociaux différents: ceux qui se sont battus pour les droits des gais et des lesbiennes et ceux qui ont longtemps regardé ces luttes comme extérieures à lantisexisme et au proféminisme. Nous souhaitons dailleurs que les débats sur les identités sexuelles se développent dans les prochaines listes de discussion qui vont souvrir à la rentrée universitaire 1998. des hommes issus de mouvances différentes: à côté de nos (souvent jeunes) amis libertaires (2) pour qui la fin de la domination masculine, les luttes contre les guerres, pour la paix et pour la fin du virilisme passent par la suppression des rapports marchands, certains soutiennent les luttes féministes pour la parité en politique et les partis politiques plus conventionnels, dautres ont centré leurs luttes contre le sexisme et ont du mal à sinsérer dans les jeux dhommes qui (se) font la guerre à travers les partis. des hommes dorigines différentes: il y a des universitaires et des activistes; nous ont aussi rejoint des syndicalistes, des hommes déjà en groupe, dautres sont isolés. Signalons dailleurs la naissance au sein du réseau du groupe des chercheurs proféministes (voir appel ci-après) et le souhait dautres hommes de sorganiser en groupes de paroles dhommes pour apprendre à échanger entre eux. Bref, le réseau européen dhommes proféministes est pluriel, multicolore, à limage de nos vies, et à limage aussi des relations que nous voulons nouer entre nous et avec les femmes. Reste maintenant réellement à fonctionner en réseau: ouvrir des listes de discussions pour échanger nos conceptions du monde, du proféminisme bien sûr, mais aussi de la pornographie, du commerce du sexe, des homo, bi et hétérosexualités non oppressives, de la paix. Pour cela nous avons besoin de vous, de vos soutiens et de vos idées. Le réseau nexistera que si et seulement si, il est approprié par les hommes proféministes eux-mêmes. Et les débats progressent Ostensiblement, en Europe, nous commençons à voir apparaître différents courants danalyses du proféminisme. De ceux qui pensent que lobjectif unique est laide aux femmes féministes, quaborder les conditions de vie des hommes, cest déjà les plaindre et ont peur que ces orientations aboutissent à symétriser conditions des femmes et des hommes, à ceux (dont je fais partie) qui pensent que déconstruire le genre passe aussi par la déconstruction du masculin de lintérieur, à savoir lister et décrire les formes que prend laliénation des hommes, aliénation subconséquente à la domination des femmes. Mais ne nous trompons pas. Si aujourdhui les hommes qui veulent légalité avec les femmes, ceux qui soutiennent les démarches féministes se multiplient, dautres mouvements apparaissent aussi. Et dans certains pays des nuages bruns avancent: commandos anti-avortement (3), pères divorcés, extrême droite sexiste et homophobe. Ces hommes sont en guerre contre le féminisme, contre les femmes et contre les hommes qui ne leur ressemblent pas. Virilistes, machistes et fiers de lêtre, ces mouvements bénéficient de soutiens financiers dhommes qui ne veulent pas perdre leurs privilèges, dhommes construits dans les certitudes patriarcales. Une des tâches du réseau est aussi léchange dinformations sur ces formes masculines dantiféminisme. Nous proposons que le réseau puisse rassembler un maximum dhommes progressistes qui veulent avec nous soutenir légalité entre les femmes et les hommes. Pour cela nous prenons linitiative de rassembler un grand colloque européen en lan 2000 pour que lensemble des groupes et des personnes puissent débattre et construire lEurope proféministe et égalitaire que nous souhaitons. Pour ce faire nous réunirons en Janvier 99, autour du colloque Simone de Beauvoir (voir plus loin) une coordination pour préparer ce colloque. Faites nous savoir votre volonté dêtre associé-e-s à ces initiatives. Faites les connaître, diffusez ce bulletin à vos ami-e-s Montrons que les hommes aussi soutiennent les luttes contre le sexisme et lhomophobie. Daniel Welzer-Lang (1) En nombre minoritaire. Rappelons que notre réseau a dabord été créé pour rassembler les hommes proféministes, mais que bien entendu, il est ouvert aux femmes qui le souhaitent. (2) Les débats que le réseau a animé dans de nombreuses rencontres de ces mouvements nous font dire que les "vieux" libertaires semblent plus réservés sur les analyses féministes et proféministes. (3) Ou même commandos qui détruisent les locaux daccueil que mettent en place les femmes qui luttent pour le droit à disposer de leur corps comme cela vient de se passer à Lyon (France) contre nos amies du Mouvement Français du Planning Familial que nous assurons de tout notre soutien. ------------------------------------------------------ Création d'un Groupe Européen de Chercheurs Proféministes au sein du réseau Hommes, universitaires ou non, académiques ou pas, nous travaillons dans différents pays sur le masculin, les rapports sociaux de sexe, le genre, les sexualités masculines, l'homophobie, l'antisexisme, etc. Nous proposons de créer un groupe international de chercheurs proféministes. Les objectifs d'un tel groupe sont simples: Eviter l'isolement des quelques chercheurs engagés dans cette problématique et promouvoir des projets de recherches communs, Permettre que s'instaurent des débats scientifiques et épistémologiques, seuls capables, de nous faire avancer dans la conceptualisation théorique et les débats méthodologiques, Faire circuler les informations sur les publications, les colloques où se traitent tout ou partie des questions intéressant la déconstruction du masculin comme genre dominant, hégémonique et prévalent, Affirmer notre solidarité scientifique et politique avec les femmes féministes, les gais et les lesbiennes en luttant notamment contre l'émergence de thèses homophobes et/ou antiféministes chez les hommes. Le collectif est ouvert à l'ensemble des hommes qui essayent à un titre ou un autre d'étudier, accompagner, aider les hommes et ceci dans une analyse complémentaire aux thèses féministes, aux hommes qui veulent lutter contre la domination masculine contre les femmes et l'aliénation masculine qui crée cette domination, aux chercheurs inscrits dans une problématique de rapports sociaux de sexe. Nous accueillons aussi les femmes qui oeuvrent dans le même esprit. Contact: Daniel Welzer-Lang ------------------------------------------------------ L'ENNEMI
PRINCIPAL "L'ennemi principal", c'est aussi le titre de l'article de Christine Delphy qui, publié en 1970, la première année du Mouvement de Libération des Femmes, marque le début d'une révolution dans la réflexion féministe. Delphy introduit l'idée totalement nouvelle du patriarcat défini comme structure sociale hiérarchique et inégalitaire, en refusant toute explication de la subordination des femmes en termes idéalistes que ce soit sur des bases biologiques, naturalistes ou essentialistes, ou bien encore fondées sur l'idéologie ou le "discours". Que ce féminisme soit un matérialisme signifie que ce sont les pratiques sociales matérielles qui rendent comptes de la domination patriarcale sur les femmes. Traduit en anglais, en italien, en espagnol, en allemand, en grec, ainsi qu'en turc et en japonais, les textes de ce recueil sont désormais accessibles dans leur ensemble au public français. (extrait postface) ------------------------------------------------------ VIOLENCE
ET MASCULINITE Pourquoi la violence est-elle presque toujours le fait d'hommes? Pourquoi l'identité masculine est-elle forcément virile? Pourquoi s'incarne-t-elle à travers la violence, le dénigrement, la compétition? Que peuvent des hommes désireux de s'opposer aux méfaits de l'identité nor-mâle? Tout le monde se souvient de l'horreur qu'avait suscitée, en Grande-Bretagne, le meurtre d'un bébé par deux enfants de 10 et 11 ans. Axant son analyse sur le fait que les meurtriers étaient des garçons, David Jackson interroge la construction sociale du genre masculin. Quant à Daniel Welzer-Lang, il met à nu les mythes qui déchargent les hommes de leur responsabilité et légitiment le viol et les violences sexuées. L'ensemble du recueil se présente comme une interrogation sur la manière dont nous, hommes, pouvons remettre en cause la domination sexiste. Pour l'égalité. (extrait postface) ------------------------------------------------------ Lyon (France). Le centre du Mouvement français pour le planning familial (MFPF) saccagé Communiqué: Dans la nuit du 11 au 12 mai 1998, le centre de planification du MFPF a été mis à sac par un commando fasciste visant à le contraindre à un arrêt total des activités (destruction des ordinateurs, photocopieuses, fax, téléphones, matériel médical-poupinel, table gynécologique...) mais aussi s'attaquant symboliquement à la pratique et aux principes développés par l'association en détruisant systématiquement les moyens de communication, d'information, les outils de prévention (préservatifs, pilules, plaquettes d'information) avec un acharnement particulier sur le centre de documentation, détruisant livres et brochures... Cette attaque n'est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Elle fait suite à de nombreuses actions menées depuis 1990 par les opposants à l'avortement et à la contraception; elle constitue une grave remise en cause des droits des femmes; elle succède à plusieurs attaques ces derniers mois en région lyonnaise contre des associations qui ont en commun la lutte contre les exclusions, l'intolérance et qui se battent pour le respect des droits de la personne humaine. Elle se situe dans un climat de montée des idées de haine et d'intolérance, renforcé par les alliances entre la droite traditionnelle et le Front National au Conseil Régional. Pour tout soutien
(financier, pétitions...) contactez: Extraits des objectifs du MFPF: " Le MFPF est un mouvement d'éducation populaire. Il lutte pour le droit à l'éducation permanente. Il lutte pour créer les conditions d'une sexualité vécue sans répression ni dépendance dans le respect des différences, de la responsabilité et de la liberté des personnes. Le MFPF inscrit ses objectifs dans le combat contre les inégalités sociales et les oppressions et agit pour le changement des mentalités et des comportements. Il entend développer les conditions d'une prise de conscience individuelle et collective pour que l'égalité des droits et des chances soit garantie à tous et à toutes. Le MFPF défend le droit à l'avortement et à la contraception. Le MFPF lutte contre l'oppression spécifique des femmes, contre toute forme de discrimination et de violence, notamment sexuelles, dont elles sont l'objet; en cela le MFPF est un mouvement féministe."
UN PETIT COURRIER DE JEAN-JEAN Le prochain numéro de STAR paraîtra dans le courant de l'été 98. STAR est un fanzine antipatriarcal, anticapitaliste, principalement axé sur les luttes plus ou moins radicales, les polémiques et les colères des pédés, des lesbiennes, des femmes, des hommes, des mômes, des enragéEs, des acharnistes, de toutes celles et tous ceux qui veulent toucher les étoiles. Dans le "Je ne suis pas un numéro 4", tu trouveras des articles sur la prostitution, sur les pédés radicaux en Allemagne, sur les violences sexuées envers les enfants, sur l'Afghanistan, des tracts et articles de groupes de lesbiennes féministes radicales, articles de tantes efféministes, du courrier, des adresses, des contacts, des idées, des humeurs, des doutes, des certitudes et des contradictions. Je t'embrasse. Gigi
lAmoroso. ------------------------------------------------------ LA VIOLENCE
CONTRE LES FEMMES ------------------------------------------------------ UNE VISION NOUVELLE DUN VIEUX PROBLÈME Lannée 1997 pourrait bien savérer être un tournant sans précédent. Une nouvelle vision est en train déclore, un nouveau point de vue sur un vieux problème, familier et pourtant extrêmement sensible: la violence contre les femmes. Par conséquent, de nouvelles manières de changer la situation peuvent être développées: au lieu daider simplement les victimes, on peut aussi aider les auteurs de violence à être libérés, à guérir, à abandonner leur comportement violent. Au cours de lannée 1997, ont eu lieu quatre conférences importantes à différents niveaux national, régional, inter régional et global traitant de la violence comme problème des hommes et caractéristique de la culture masculine, et développant des modes de transformation de la culture de la violence en une culture de paix avec égalité entre les femmes et les hommes. La violence contre les femmes est un vieux, universel problème, survenant dans toutes les cultures et tous les groupes sociaux. A une extrémité on a les viols et les actes de violences publics au cours des guerres, souvent commis à grande échelle, et à lautre la violence liée à la vie la plus privée, intime, à lintérieur des familles, entre les murs du foyer. Durant des siècles, cela a été efficacement invisibilisé. On na pas permis aux femmes de dire à des étranger-e-s ce quil se passait derrière la porte dentrée; les viols perpétrés durant les conflits armés ne sont pas apparus dans les statistiques ou les livres dhistoire. Même le droit public na pas été autorisé à franchir le seuil de la maison. Jusquà présent, la question a été discutée comme sil sagissait de la question et du problème des femmes, et le thème abordé a surtout été de savoir comment aider et soutenir les femmes victimes de violences. Maintenant, la perspective a basculé; le problème est perçu comme le plus grave du monde masculin. Les questions que lon pose à présent sont: Pourquoi les hommes violent-ils?; Pourquoi les hommes sont-ils violents? Peut-on les aider à se débarrasser de la violence? Ce qui est essentiel cest quà présent les hommes en parlent et en acceptent la responsabilité collective. Dès lors que les hommes ne commettront plus de violences, les femmes ne seront plus victimes. En 1997 ces questions ont été débattues abondamment et en profondeur au niveau national à Stockholm: "La Violence est-elle Masculine? Conférence sur les hommes et la violence" organisée par le gouvernement suédois en Janvier; au niveau régional à Strasbourg: "Promouvoir lÉgalité: une Question Commune aux Hommes et aux Femmes" par le Conseil de lEurope en Juin; à un niveau inter régional à Washington D.C.: "La Violence Domestique en Amérique Latine et dans lAire Caraïbéenne, Coûts, Programmes et Politiques dAction" par lInter-American Development Bank en Octobre; et au niveau global lors de la Rencontre du Groupe Expert à Oslo sur "Les Rôles Masculins et les Masculinités dans la Perspective dune Culture de la Paix" par lUNESCO en Septembre. Rapport par Hilkka Pietilä,
Jussaarenkuja 5 N 134, 00840 Helsinki, Finlande ------------------------------------------------------ Le réseau soutient la campagne du Ruban Blanc Nous nous associons à la campagne du Ruban Blanc (contact: http://www.whiteribbon.ca) qui vise à lutter pour que les hommes cessent les violences faites aux femmes. En Amérique du Nord cette campagne prend différentes formes (soutien aux structures qui accueillent les femmes violentées et les hommes violents, actions pour que les hommes arrêtent d'être complices avec les "blagues" sexistes, Semaine du ruban blanc qui commence fin novembre et culmine le 6 décembre, date de l'anniversaire de la tuerie qui a coûté la vie à quatorze femmes à Montréal en 1989 "Les changements que nous souhaitons ne se produiront que si nous acceptons que nous avons une responsabilité personnelle de nous assurer que ça change. Autrement dit, en tant qu'hommes qui se préoccupent de ce qui arrive aux femmes dans nos vies, nous avons la responsabilité de contribuer activement à ce que toutes les femmes puissent vivre dans un pays où la peur et la violence ne règnent plus." Nous lançons un appel pour que naissent des formes européennes de soutien à cette campagne. Tous renseignements supplémentaires sur notre site: http://www.menprofeminist.org ------------------------------------------------------ Dès que dans un système social un groupe en domine un autre, le groupe dominant se justifie en invoquant le caractère naturel, non de la domination, mais de la différence. Pensons à ce que disaient les hommes libres des esclaves chez les Grecs, les Blancs d'Afrique du Sud des Noirs, les nazis des Juifs... Dans les rapports hommes/femmes, on retrouve le même processus. Les hommes dominent les femmes et on nous explique ainsi la supériorité mâle. Si la violence conjugale existe dans l'ensemble des pays ou des cultures, elle est parallèle à une autre constante transculturelle: la domination des hommes sur les femmes. De là à dire que, par nature, puisqu'ils dominent partout, les hommes sont plus forts ou plus intelligents que les femmes, il y a un net abus. Méfions-nous des généralisations qui oublient les évolutions historiques. Autrement dit, la nature a bon dos. Au début du siècle "on" se demandait si les femmes avaient une âme, il y a seulement 40 ans encore, si elles pouvaient penser suffisamment pour voter... L'évolution rapide des relations hommes/femmes est historique. Les luttes actuelles contre les subsistances de la barbarie que sont les violences domestiques en sont la suite logique. Affirmer que la violence est naturelle, c'est aussi confondre agressivité et violence, violence défensive et violence offensive. Qu'il puisse être nécessaire, quel que soit son genre, d'avoir à se défendre pour exister, cela semble évident. Mais la violence dont nous parlons ici, la violence domestique, ce n'est pas ça. La violence domestique, c'est se croire autorisé à utiliser sa force pour imposer ses désirs et sa volonté. Même si le phénomène est interactif et se joue à deux, les violences "symétriques" ou "égales" sont rares. La violence domestique est, la plupart du temps, la forme individualisée que prend dans chaque maison la domination collective des hommes sur les femmes ou des adultes sur les enfants. Rappelons que la violence physique (qu'elle soit effective ou sous forme de menace) nest pas assimilable à dautres formes de violence, au sens ou elle fait appel chez lautre à des peurs (peurs de blessures, mutilations, voire de mort) qui excluent toute possibilité de dialogue, toute relation égalitaire. Rappelons enfin quaucun homme nest totalement étranger à la violence. Il nest pas ici question de montrer du doigt quelques "monstres", mais plutôt de réfléchir ensemble à comment évoluer... ------------------------------------------------------ LE CATALOGUE DES HORREURS La liste qui suit, dure à lire, est composée dextraits dinterviews dhommes et de femmes réalisées en I990 par léquipe de recherche du centre pour hommes violents de Lyon: Les violences physiques: Taper, frapper, empoigner, donner des coups de pied, des coups de poing, des claques, frapper avec un outil (couteau, bout de verre, un bâton), un ustensile quelconque (casserole, balai, serviette...) ou un objet quelconque (cailloux, un oeuf, des livres...), étrangler, tirer avec un pistolet, un fusil, poignarder, tirer les cheveux, brûler, lancer de leau ou des huiles bouillantes, de lacide. Pincer, cracher, défenestrer..., séquestrer (enfermer dans un placard, dans une cave); empêcher physiquement quelquun de sortir ou de fuir, faire des gestes violents en direction de lautre pour lui faire peur; fesser, obliger lautre à mettre la main sur un fil électrique dénudé, électrocuter; taper la tête contre un rocher, déchirer les vêtements, tenir la tête sous leau; mordre, étouffer, arracher un bout de doigt en mordant, casser le bras, les côtes, le nez, tuer... Les violences psychologiques: Insulter, énoncer des remarques vexatrices, des critiques non fondées ou critiquer de façon permanente les pensées ou les actes de lautre. Se présenter comme celui qui a toujours "la vérité", qui sait, inférioriser lautre, lui définir son comportement, ses lectures, ses ami-e-s; refuser dexprimer ses émotions et obliger lautre à exprimer ses angoisses, ses peurs, ses tristesses; essayer de faire passer lautre pour folle, malade mentale, paranoïaque...; menacer dêtre violent, intimider, menacer de représailles, de viol (par des copains); menacer de mort. Utiliser le chantage, faire pression sur lautre en utilisant laffection ou le droit de garde des enfants, menacer de les enlever. La destruction permanente, la dénégation de lautre, créer un enfer relationnel. Le chantage au suicide en culpabilisant plus ou moins explicitement lautre sur sa responsabilité. Menacer de partir, de déporter sa femme (en la renvoyant "au pays"). Forcer lautre à des actions vécues comme dégradantes: lui faire manger des cigarettes, lui faire lécher le plancher. Contrôler sans cesse lautre, ses allées et venues, ses fréquentations. Sarranger pour que lautre vous prenne en pitié et cède. Se moquer sans cesse des différences dapprentissage sociaux (le rapport au bricolage, à la voiture) et nier le travail domestique effectué par sa compagne. Insulter et dévaloriser le genre féminin par des phrases générales aboutissant à exprimer que toutes les femmes sont des "salopes" ou des "putains"... Les violences verbales: Les cris qui stressent lensemble de la famille, le ton brusque et autoritaire pour demander un service, linjonction pour que lautre obéisse de suite. Presser lautre sans cesse en montrant son impatience. Interrompre lautre de manière permanente en lui reprochant de parler ou lui faire grief de ses silences en lobligeant à parler. Changer de sujet de conversation de manière permanente, vouloir diriger la conversation sur ses seuls centres dintérêts, ne pas écouter lautre, ne pas lui répondre. Ponctuer toutes ses phrases par des insultes ou des qualificatifs infamants pour les femmes: putain, salope connasse... Les violences sexuelles Violer, frapper ou brûler les organes génitaux, imposer à lautre de reproduire des scènes pornographiques, la prostituer contre son désir... La violence contre les enfants Punitions corporelles, claques, fessées, électrocutions, les brimades alimentaires, les viols ou attouchements indésirés... Les violences contre les animaux;
sur les objets.
------------------------------------------------------ APPEL À CONTRIBUTION Le Réseau Européen d'hommes proféministes s'associe à l'initiative lancée par Nouvelles Questions Féministes et appelle tous les hommes intéressés à se retrouver à la session "Apports de Simone de Beauvoir aux analyses actuelles sur les hommes et le masculin" qui se déroulera lors du Colloque sur le cinquantenaire du 2ème sexe qui aura lieu à Paris les 21, 22 et 23 Janvier 1999. (le projet d'appel à ce colloque est disponible sur notre site) Faites nous connaître vos propositions d'intervention en envoyant un résumé de 1500 mots au Réseau (voir adresse contact en dernière page) ------------------------------------------------------ CINQUANTENAIRE DU DEUXIÈME SEXE
COLLOQUE INTERNATIONAL Présenté par ------------------------------------------------------ Créer un groupe d'hommes proféministes Souvent, on nous demande "Comment créer un groupe d'hommes?". Il n'y a pas de recettes magiques pour se regrouper, parler de soi, de sa vie, commencer à essayer de vivre d'autres rapports entre hommes... mais, à l'expérience, plusieurs conseils peuvent être donnés. Pour créer un groupe, il faut au moins être trois. Beaucoup de garçons aimeraient, mais n'osent pas, d'autres hésitent... longtemps. Le mieux est d'en parler autour de soi, à ses amis, aux amis d'amis, et... de faire le pas. Une fois la date de la première réunion fixée, le téléphone débranché (pour être tranquilles), les enfants donnés à garder, etc, vous allez pouvoir commencer... Quelques règles de bases: - Il faut parler de soi, utiliser le "Je". - Chacun doit pouvoir parler, ou ne pas vouloir parler. Les groupes ne sont pas des nouveaux goulags... Apprenez à écouter les autres, y compris leurs silences. Et les silences ne sont pas gênants... - On ne parle pas des autres: les absents, et surtout les absentes: les femmes. Le groupe n'est pas le lieu pour que les hommes parlent d'eux à nouveau à travers un discours sur les femmes. Ce qui n'empêche pas que chacun puisse dire ses difficultés avec untel ou unetelle. - On s'engage à garantir la confidentialité des paroles échangées. Ceci doit permettre la parole. - On n'est pas là pour juger les hommes. Le groupe n'est pas un bureau politique. Chacun reproduit à sa manière des rapports de domination avec les femmes, la concurrence et la guerre entre hommes. Personne n'est parfait (et heureusement). - Eviter de partir tout de suite dans des grands projets collectifs. Les hommes ont trop été habitué à répondre aux questions par un "faire". Prenez le temps d'apprécier les moments entre vous, de les renouveler. - Le groupe n'est pas un lieu magique. Acceptez de prendre du temps, échangez des textes, des articles... - Prenez contact avec les groupes similaires, échangez vos expériences, les débats... (le réseau d'hommes proféministes peut vous y aider). - Acceptez de prendre du plaisir entre vous, ou à l'inverse acceptez les critiques des autres et prenez les comme une richesse pour changer vos rapports aux hommes et aux femmes. Faut-il boire ou manger ensemble? Il n'y a pas de règles, chacun fait comme il veut. Mais l'objectif des groupes n'est pas de créer un syndicat d'hommes tristes... Certains mangent, d'autres non! Quelle périodicité? Certains groupes se réunissent une fois par mois, d'autres deux fois ou plus. Ce qui est important c'est de comprendre que le masculin ne se déconstruit pas en deux ou trois séances. Evitez donc de jouer les blasés après seulement quelques tentatives. Quels thèmes aborder? Souvent les groupes décident, à partir des expériences personnelles de leurs membres, d'aborder un thème par soirée: paternité, sexualité, rapports aux hommes, rapports aux femmes, les plaisirs, l'armée, l'homophobie, les violences, les luttes (guerres) entre hommes et entre nous, comment aider les femmes féministes? Il est aussi important de ne pas partir de rien. Le groupe peut diffuser des articles, des textes. Non pour servir de bible, mais pour connaître d'autres réflexions masculines. Et faites nous connaître vos expériences ------------------------------------------------------ GROUPES
HOMMES Dès 1974 en France, des hommes, interpellés par les revendications féministes se regroupent sur le thème: "nous sommes contre la virilité obligatoire". Les envies sont multiples: - Remettre en question la domination masculine, le machisme en décortiquant les processus de construction sociale des hommes. - Sortir des schémas masculins traditionnels, de l'incommunicabilité des hommes entre eux, des discours impersonnels et théoriques, de l'omniprésente compétition, de l'interdiction à la sensibilité... De ces diverses tentatives, souvent éphémères, deux groupes auront une action "visible": - ARDECOM (Association pour la Recherche et le Développement de la Contraception Masculine). Des hommes entreprennent une recherche personnelle et collective sur la contraception masculine et la paternité, expérimentent différentes contraceptions masculines. - La revue "TYPES-Paroles d'hommes" publiera 6 numéros sur différents thèmes, de 1981 à 84. L'intégrale des revues "Types" est disponible à la demande sur un CD Rom (gratuit) que nous venons d'éditer. Nous vous proposons ici en avant première quelques extraits issus du numéro 1 de "Types": Le premier éditorial et un témoignage sur les groupes hommes. Nous sommes à la recherche d'autres écrits anciens ou actuels, textes, brochures, bouquins... pour un prochain CD. Contactez nous... ------------------------------------------------------ Eh!
Dites! Ho! TYPES... PAROLES D'HOMMES. Ou à la deuxième. Du singulier ou du pluriel. Des écritures plurielles, parfois si singulières pour affirmer des identités multiples mais qui cherchent à se trouver, à se retrouver. Sans arrogance. Sans machiavélisme. Sans naïveté non plus. Nous voudrions ouvrir un espace de vie. De nos vies de "mecs". Pour nous laisser enfin aller à dire nos cheminements au jour le jour, nos espoirs et nos lassitudes, nos amours et nos peurs, nos incertitudes, nos désirs, nos plaisirs. Pour dire la découverte de nos manques, l'apprentissage de nos isolements face aux images que nous renvoient les institutions obligatoires l'école et l'armée et le reste les films, la publicité, les revues dénudées, la pornographie, la violence. Pour raconter nos explorations à côté ou à contre-temps des modèles que nous sommes censés reproduire, des symboles dont nous sommes investis. Pour affirmer un droit à l'errance, à l'erreur, au rire, sans prétendre détenir la seule vérité qui vaille ou représenter les "nouveaux hommes" dont on nous rebat les oreilles. Ni archétypes, ni contre-types. Nos vies, ce sont nos idées et nos histoires. La nouveauté c'est vrai, c'est la chose la plus vieille du monde. Des voix isolées, déjà, se sont élevées pour dire leur vie. Cris, pamphlets, écrits, elles jalonnent, sur leurs marges, littérature et média. Il s'agit ici de les rendre multiples. De les orchestrer, de faire jouer leurs dissonances et leurs assonances. Et de tenter de nous exprimer autrement que par des recours à des discours souvent plaqués: discours de pseudo-vérité, discours militants, discours d'écrasement; multiples pouvoirs de ces discours. Ce n'est pas totalement une utopie. Ces histoires et ces tentatives, ces pratiques et ces idées, des groupes les ont échangées. Les "groupes hommes". Plus nombreux qu'on ne croit, qu'on ne sait. C'est cette expérience que Types voudrait de sa place, sans s'en vouloir le dépositaire unique, sans exclusivité contribuer à faire connaître, à répercuter, à enrichir. Comme eux, cette revue veut ouvrir une brèche, un espace social possible qui serve aux hommes qui interrogent les modèles dominants et leur propre pesanteur. En se voulant ouverte elle-même à d'autres voix, elle veut susciter d'autres espaces, d'autres paroles. Comme eux, cette revue est le produit de points de vue divers, parfois opposés: il y a ceux qui pensent que ne surgiront des discours inouïs qu'en disant: "Je" et ceux qui se méfient de toute prétendue authenticité. Il y a ceux qui souhaitent et ceux qui redoutent que parler de soi ne soit qu'une étape, peut-être indispensable, vers la formulation d'une réflexion plus systématique sur la masculinité et d'une pratique plus consciente d'elle-même. Comme les groupes "hommes", cette revue sera peut-être accusée de vouloir aider les hommes à reconquérir ou renforcer un pouvoir qui leur est contesté. Nous ne croyons pas, quant à nous, que le simple maniement de nos stylos ou que le cliquetis de nos machines à écrire nous fortifient dans une primauté que de toutes façons nous ne revendiquons pas. Sans prétendre toujours échapper à ses pièges ou à ses attraits, nous cherchons le plus souvent à nous en déjouer, de crainte que ses échafaudages et ses machineries ne nous construisent, sous l'apparence d'un palais, une prison. Comme eux, cette revue sera peut-être accusée de constituer une parenthèse dans la vie sociale, sans perspective militante, sans prosélytisme organisé. Les questions que nous nous posons, nous les laissons parfois sans réponse: c'est vrai. Nous ne sommes pas une "avant-garde masculine libérée". Nous sommes seulement désireux d'entrouvrir les carcans dans lesquels, enfermants, enfermés, nous nous éloignons d'un changement potentiel. Comme eux, cette revue n'existerait peut-être pas s'il n'y avait eu une interpellation des féministes ou des homosexuels. Mais, comme eux, cette revue se fera aussi bien avec des hommes pour qui la tâche urgente est de réfléchir à ces interrogations, qu'avec des hommes qui revendiquent plutôt une réflexion autonome pas hostile sur nos spécificités, nos insuffisances et nos positivités. Types. Oui. Nous lançons une revue. En principe trimestrielle. Autour d'un thème: la paternité. Puis: les plaisirs, le corps, le couple, le féminisme. Ou d'autres. Avec des "hors-thèmes" sur les groupes "hommes", les itinéraires, l'actualité. Types n'est pas la propriété de ceux qui en ont eu l'initiative. Elle dépendra de ses lecteurs pour sa diffusion comme pour sa production. Nous appelons à leurs contributions. Pour qu'un espace possible devienne un espace réel. Et qui dure. ------------------------------------------------------ Finalement vous changez quoi ? Texte tiré de la revue TYPES N°1 (...) Le groupe, dans lequel je vais, a sa vie à nul autre identique. La façon de le relater est la mienne donc différente de celle de Bernard, Rémy, Gilbert, Pierre, Gérard, Christian, Yves, Eric, François, Bertrand, Alain, Blaise, eux qui mont tant donné. Donc ce qui va suivre nest ni un catéchisme, ni un mode demploi, ni un modèle, ni la "Théorie" infuse (ou diffuse dailleurs). Cest de mon expérience dont il sera question sans autre prétention que de tenter de vous intéresser. Je suis entré dans un groupe sur la base dune démarche théorique: tenter à partir de la réflexion générale sur les rapports sociaux introduite par le mouvement des femmes (essentiellement dans ma vie militante), de communiquer avec dautres hommes. Un peu de recherche didentité collective (y a-t-il dautres hommes qui "fonctionnent" comme moi en accord avec les idées féministes?); un peu de militantisme (il y en a! il en faudrait beaucoup! il faut les organiser!); un peu de volontarisme (je suis remis en cause en tant que mec socialement et individuellement; je me remets en cause, tu te remets en cause...: rencontrons-nous et on pourra peut-être aboutir à un mouvement pour changer, critiquer les rôles sociaux... dhommes!). Telles étaient les composantes de ma motivation; assez abstraites finalement, mettant encore ma vie, la vie des autres hommes, dans les présupposés de mecs, de "nos" analyses militantes. La réalité a un peu dépassé la fiction et jai savouré leuphorie des néophytes. Bien sûr, il y a eu dabord la méfiance vis à vis de mon personnage dex-professionnel de la politique dont toute parole est, souvent à juste titre connétable de volonté de pouvoir, de récupération, et, à lextrême, de manipulation. Mais mes paroles (nous étions quatre, puis cinq, puis six) se sont rencontrées. Lintimité a surgi, brisant le péremptoire glacé du discours, du rôle, de lintense "moi, je...", ou "nous, les hommes..." projeté sur les autres sans vouloir écouter lécho. Jai appris à douter de mes certitudes, à les relativiser au contact dautres hommes. Là, dans ce groupe, le désir latent dune prise de parole servant à montrer que "je savais", que "javais réponse à tout ou presque...", battait de laile. Non parce que javais rencontré des gens qui en savaient plus que moi (forçant mon écoute par la reconnaissance admirative dun savoir supérieur au mien); je nétais pas là pour me faire écouter, mais aussi pour entendre et chercher à comprendre. Cette découverte peut paraître banale. Pourtant son expérimentation na pas été facile. Être attentif, ne pas se situer en concurrence, en compétition permanente avec un autre mec, voilà des soucis que je navais pas beaucoup eus auparavant dans les structures militantes. Avec lintimité qui crée une capacité à parler de soi, naissaient aussi de nouvelles sensibilités, se situant hors des codes, des normes masculines! Pouvoir pleurer et rire aux éclats; pouvoir sembrasser sans que ce soit une convention se substituant à la poignée de mains; pouvoir accepter une critique sans y voir immédiatement une volonté de lautre de vous détruire; pouvoir discerner une différence qui vous agresse et tolérer quelle existe et quelle peut même vous apprendre quelque chose; pouvoir rire de ses (de nos) propres contradictions (dérision); pouvoir sinquiéter de la quotidienneté de chaque membre du groupe. Grosso modo, nous expérimentions, chacun selon son histoire (car chacun nopérait pas les mêmes découvertes que moi, nayant pas intériorisé comme moi les mêmes effets de telle ou telle norme de ce qui est "masculin" et de ce qui ne lest pas), les conséquences de cet a priori qui nous réunissait: "Non à la virilité obligatoire". On ne nous comprend pas Tout ceci, évidemment, paraît bien subjectif, bien aléatoire ainsi résumé. Ça décrit mal les moments critiques, les épineux débats sur notre jalousie, les crises dangoisse, les "finalement, quest-ce que ça mapporte?", les difficiles retours de rencontres avec dautres mecs ou dautres femmes assez rigolard(e)s ou sceptiques sur la portée, lintérêt des groupes hommes. Il y avait aussi la tentative de culpabilisation opérée par certain(e)s: "Cest une mode!", "vous singez les féministes pour mieux les séduire!". Il y avait la sensation que je ne changeais pas beaucoup, quen tous cas, ça allait plus vite dans ma tête que dans mon corps et dans mes relations sociales. Sensation quun copain résumait récemment ainsi: "Si les groupes hommes doivent uniquement servir à permettre à quatre ou cinq mecs de se faire des bisous chaque fois quils se voient à une réunion, et à ne pas pouvoir un jour y parvenir avec des collègues de bureau quils aiment bien, ils deviendront un nouveau ghetto!". La question qui mest souvent posée butte là-dessus: "Finalement, quest-ce que vous changez? Quels sont vos objectifs concrets? Ce que tu dis, cest chouette, mais ça ressemble à une bande de copains sympas". A cela, jai répondu que mes copains sympas ne mont pas apporté la même conscience de laliénation masculine, de mes comportements et de leur refus. Pourtant, jai eu de bons copains: clubs sportifs, relations de boulot, militantisme, groupes divers (danse, fête, etc). Serait-ce alors parce que ces hommes du groupe ne seraient pas phallocrates (ou seraient de "nouveaux hommes", comme titrait abusivement Le Monde Dimanche)? Non, parce que je demeure comme tout homme un agent plus ou moins bénéficiaire de la phallocratie comme système social dominant (accès plus facile à lemploi, à la socialité, garantie dêtre moins directement agressé sexuellement dans la rue, etc). Par contre, je nai pas envie den être un agent actif. Parvenir à cela suppose une réflexion sur soi-même et avec les autres plus exigeante que de sauto-proclamer pro-féministe ou daider aux tâches ménagères où encore de se dire agressé par la virilité des autres. Jai bien des choses à sortir de ma tête! Et cela, jai commencé à laccomplir dans des groupes hommes. Pas avec les bons copains... Des analystes? Autre question posée à propos du groupe hommes: "Nest-ce pas simplement du papotage?" ("Les hommes complotent", titrait Le Monde, ce qui est somme toute plus "valorisant" car un "complot", ça impliquerait un objectif, une stratégie, et même des armes... sous entendu, nous serions en somme les "guerriers new look" dune nouvelle croisade). Nest-ce pas de la thérapie de groupe? De lintrospection un peu malsaine qui tourne en rond sur le cas de chaque individu? Je pense quil sagit là dune objection, dune interrogation réelle et pertinente. Il est vrai que sans un minimum de démarche collective, de thèmes, davancées communes, un groupe de conscience pourrait devenir une structure de maternage de mecs "flippés" et ne plus servir quà ça. Cest un risque. Dans le groupe auquel jai participé, nous avons tous senti que nous prenions ce risque. Cela dit, je ne veux mettre aucun mépris dans cette appréciation. "Flipper" nentraîne pas automatiquement quon doive aller sinstaller sur le divan dun psychanalyste. Le groupe hommes voit surgir les angoisses naissant dune remise en cause de soi-même et de notre rapport à la quotidienneté, du refus des rôles habituels. Il est normal de les assumer, déchanger de la tendresse, de réfléchir avec ceux qui les vivent le plus fortement. Dautant que ces angoisses sont significatives des difficultés dune progression, des blocages dus à notre histoire et à la réalité sociale. Souvent mêlées. Ainsi des sujets de discussion comme la jalousie, la compétition entre mecs vis à vis des femmes ou du boulot, la façon découter les autres, la manière de shabiller, la pratique de tel ou tel sport, léducation de nos enfants, les rapports à notre corps, ne constituent pas seulement des occasions de raconter son histoire personnelle. Ils impliquent un autre regard sur les normes masculines, sur les phrases mille fois martelées et entendues depuis notre enfance, du genre: "les hommes doivent faire ceci ou cela, les hommes ne peuvent pas faire ceci ou cela, les hommes savent ceci ou cela...". Le problème demeure cependant dans un groupe de ne pas tourner en rond à trois ou quatre sur nos doutes et nos découvertes; donc de nous confronter plus largement. Cest là à mon avis que se situera un des buts de notre revue Types/Paroles dhommes. La médiation de lécriture est souvent loccasion dune prise de pouvoir, mais aussi dune volonté de communiquer plus largement, de mettre au clair. Des contacts entre différents groupes se développent également. Occasion de fête, déchanges dune autre nature que ceux créés par la parole. Jean-Yves Sparfel ------------------------------------------------------ CD-Rom 98 - HOMMES PROFÉMINISTES Le CD-Rom de juillet 1998, qui présente les résultats des investigations menées sur le sujet au cours de la première phase du projet européen doit permettre au plus grand nombre de sinformer au mieux des diverses tendances en la matière tant en Europe que dans le reste du Monde. Grâce à un Browser et un moteur de recherche on peut y découvrir facilement une première sélection de textes (articles, bulletins, livres. bibliographie, sites web) susceptibles de démontrer lintérêt de lapproche de la dimension du genre du point de vue des hommes et de justifier ainsi la formalisation dun réseau dhommes proféministe à léchelle de lEurope en relation avec des groupes dhommes dautres pays. Lobjectif fondamental restant toutefois de contribuer au changement radical des mentalités dans les rapports entre les hommes et les femmes en vue dune société plus juste, plus émancipée, plus égalitaire, plus démocratique oeuvrant pour la paix et la non violence. Le CD-Rom se veut être à la fois la mémoire des textes "historiques" qui témoignent des premières interrogations des hommes sur la problématique du masculin et de la "matière grise" existante sur le sujet en particulier celle non publiée. Des publications récentes découvertes en particulier sur le Net sont à la disposition de tout un chacun dans une perspective de partage du savoir. On y trouve également des informations plus générales sur la dimension du genre et les politiques menées en matière dégalité des chances et de prise de décision par les institutions internationales. Tout ce champ de connaissances concentré sur un même support médiatique doit en principe inciter les groupes dhommes existants ou en cours de formation comme les milieux universitaires à entreprendre de nouvelles recherches et des actions sur le sujet. Le présent CD-Rom qui comprend également les données du CD-Rom précédent sur le thème "Cité, Citoyenneté et Genre" sera produit à 1000 exemplaires et sera diffusé gratuitement aux groupes dhommes connus, aux associations féministes, aux principales universités et aux institutions internationales. Une mise à jour annuelle est dores et déjà envisagée en 1999 ce qui permettra de compléter et de perfectionner cet outil avec les contribution des un-es et des autres qui sont donc de ce fait attendues avec intérêt à tout moment. ------------------------------------------------------ Projet cofinancé par
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